Le Moulin de la Galette poème de René Ponsard

René Ponsard, né à Arpajon le 20 décembre 1826 et mort à Paris le 22 juin 1894. Chansonniers, auteur de poèmes argotiques et badin. A aussi utilisé le pseudonyme « Le Père La Cayorne ».

Le 22/8/1880 on peut lire dans « La Chanson » journal de musique populaire la biographie suivante de René Ponsard :

Orphelin de père et de mère, René est élevé par ses grands parents. Il fréquente l’école primaire du village, mais à 13 ans soit à cause de son caractère indépendant, soit pour des raisons pécuniaires, comme il avait un oncle ancien marin il fut envoyé à Brest à l’école des mousses.

Les mauvais traitements inhérents à ce milieu brutal, n’était pas propre à adoucir le tempérament rugueux du jeune garçon. Aussi a t’il conservé de cette époque des souvenirs qui ont le don, lorsqu’ils reviennent, de ranimer de grosses rancunes. Il déclame alors les vers aussi ardents qu’incorrects que lui inspiraient autrefois les mauvais traitements et des injustices de ses maîtres. En voici un passage :

René Ponsard en 1880.

Avant de découvrir la suite de la biographie de René voici un poème qu’il présenta le 18 mars 1882 au célèbre cabaret « Le Chat Noir » de Rodolphe Salis.

LE MOULIN DE LA GALETTE.

Tout en Haut du Mont-des-Martyrs. Sous les lilas que le vent fane, Aux bruits des orgues et des tirs, On découvre un temple profane. De l’aube jusqu’à son déclin Le joyeux soleil s’y reflète… Cela se nomme le moulin, Le Moulin-de-la-Galette. De tous temps, depuis Pharamond, – Tout au moins depuis Henri quatre – Ainsi que sur le double mont, La folle muse vient s’ébattre; Plus souvent en déshabillé Que dans une grande toilette, Nos grand’mères ont gambillé Au Moulin-de-la-Galette. Dans cet endroit, où, j’en réponds, On respire à pleine poitrine, Il se fripe plus de jupons Qu’il ne se blute de farine; Au risque de prêter le flanc A la médisance aigrelette, J’affirme qu’on ne sort pas blanc Du Moulin-de-la-Galette. Là, se forment entre amoureux Des noeuds que l’âme idéalise, De ces hymens aventureux Qui fraudent les droits de l’église, Car, fière de sa puberté, La jeunesse d’humeur folette Donne tout… hors sa liberté Au Moulin-de-la-Galette. L’amour à qui la clarté nuit, Caché sous l’aile du mystère, Guide à la faveur de la nuit Les voyageuses pour Cythère!… Livrant à l’air tous ses tissus, Plus d’une gente bachelette Lance son bonnet par dessus Au Moulin-de-la-Galette. Moi, que l’âge n’a pas fourbu, Mis en gaîté chaque dimanche Par le petit vin que j’ai bu, Il faut voir si je me démanche; Flanqué d’une fraîche dondon, Ventripotente et rondelette Je pince un joyeux rigodon Au Moulin-de-la-Galette.

De mousse, René était devenu professeur des mousses, puis matelot, puis batelier à Marseille. Ensuite, il fut envoyé pendant cinq ans en Afrique. Il assista au siège de Zaatcha qui se déroula en Algérie du 16/7 au 26/11/1849.

Enfin libéré du service, René s’installe à Paris. Marié, père de famille, il fera carrière comme employé dans une administration de chemin de fer. Le matelot rétif fit place au bourgeois aussi carré au physique qu’au moral.

En 1862, Ponsard publie son premier recueil de poésie : Les échos du bord. L’homme de lettres Mr Laurent Pichat, en présentant se recueil aux lecteurs, à parfaitement peint le poète :

Il n’a pas appris régulièrement l’art d’écrire et de penser; mais il a eu pour maître la nature et la vie; il a mûri par les grandes épreuves en face des grands spectacles. Son originalité amère se ressent des rudes secousses de son existence.

Plusieurs poèmes de René Ponsard furent mis en musique.

Vincent Van Gogh (1853-1890) Le Moulin-de-la Galette.

Eugène Ciceri (1813-1890) Le Moulin-de-la-Galette.

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