La mystérieuse Belle Ferronnière

Les femmes jouèrent un grand rôle dans la vie de François 1er. Toutes, elles voulaient se donner à lui. Pas seulement parce qu’il était le roi mais parce qu’il leur plaisait

avec sa stature d’athlète, son torse puissant, sa taille mince, ses longs cheveux noirs bouclés, le collier de barbe qui entoure son visage. Certes son visage n’est pas très beau, le peuple surnomme son roi « Grand nez » mais dans ce visage il y les yeux. Clairs, rieurs, enjôleurs.

Bien que marié par deux fois, François « collectionnera » les favorites ! En amour, il sera toujours attiré par la nouveauté. Ce qui exclura chez lui, toute fidélité, que celle-ci s’appliquât à ses épouses ou a ses maîtresses. Toute femme, pourvu qu’elle soit jolie, est bonne à François.

Mais, on ne prête qu’aux riches : à ce roi couvert de femmes, on a attribué des liaisons parfaitement légendaires.

La légende la plus tenace demeure celle de la Belle Ferronnière. Elle a été inventée au début du XVIIIéme siècle par un médecin nommé Louis Guyon.

L’histoire veut que la femme d’un riche ferronnier nommé Jean Ferron qu’on appelait « la belle Ferronnière » fut remarquée par François 1er. Elle résiste très longtemps à ses désirs. Le mari, fort jaloux, finit, de guerre lasse, par accepter qu’elle se rende. Mais il imagine le plus subtile et la plus raffinée des vengeances. Il décide de contracter volontairement ce qu’on appelait « le mal de Naples » : autrement dit la vérole.

Pour atteindre son but, Ferron fréquente les lieux malfamés de Paris. Il ne réussit que trop bien. Il transmet, comme il l’avait prévu, sa maladie à sa femme qui ne tarde pas à contaminer le roi.

La légende rapporte également qu’à la première entrevue qu’elle eut avec le roi, celui-ci voulut l’entraîner sans ambages vers le lit, elle en conçut une telle indignation qu’une de ses veines du front se rompit. Le lendemain, elle masquait ingénieusement le petit épanchement sanguin qu’elle avait au front au moyen du  fameux bijou maintenu par un bandeau ».

François décède prématurément à Rambouillet le 31 mars 1547 a 50 ans, peut être victime de ses pléthoriques succès féminins.

Le peuple, lui, l’a cru, qui a rédigé à sa façon l’épitaphe du Roi-Chevalier :

L’an mil cinq cent quarante-sept,

François mourut à Rambouillet,

De la vérolle qu’il avoit.

Basilique Saint-Denis : tombeau de François 1er et de Claude de France sa 2éme épouse . Elle meurt à 24 ans après avoir mis au monde sept enfants (la variété de prunes appelée reine-claude lui doit son nom).

Le titre de l’œuvre de Vinci, La Belle Ferronnière », est problématique puisqu’il est le résultat d’une erreur.

Dans tous les inventaires du XVIIe et du XVIIIe siècle, le titre La Belle Ferronnière était donné à un autre tableau de la collection royale (aujourd’hui également au Louvre et inventorié sous le numéro INV 786, représentant une dame en costume français, supposée être l’une des maîtresses de François Ier).

La véritable Belle Ferronnière Louvre INV. 786

Celui de Léonard de Vinci était répertorié, quant à lui, comme un Portrait de femme italienne qu’il réalisa pendant sa période milanaise (1483-1499) avant de venir en France en 1516.

La confusion vint d’Ingres. En effet, lorsqu’il réalisa un dessin pour la gravure de ce panneau, il lui attribua par mégarde la légende de La Belle Ferronnière.

Dessin d’Ingres d’après le tableau de Léonard de Vinci à l’origine de l’erreur – Gravé par Le Febvre.

Les spécialistes signalèrent immédiatement cette erreur mais le titre lui resta, ce qui est encore le cas aujourd’hui.

Mais alors, de qui Léonard de Vinci a t’il réalisé le portrait ?

Les historiens avancent trois hypothèses :

1 ) Le prétendu portrait de la Belle Ferronnière par Léonard de Vinci est possiblement celui d’une maîtresse célèbre de Ludovic Sforza : Lucrezia Crivelli mécène de l’artiste.

2) D’autres reconnaissent le visage d’ Isabelle de Naples, épouse du duc Gian Galeazzo.

Isabelle de Naples (1470-1498) par Giovanni Ambrogio de Predis.

3) Depuis le début du XXIe siècle, certains spécialistes privilégient l’hypothèse selon laquelle ce portrait serait celui de Béatrice d’Este, la femme de Ludovico Sforza. Ce fut notamment le cas lors de l’exposition de Londres en 2011 consacrée aux années milanaises de Léonard.

Béatrice d’Este mourut en couche le 2 janvier 14977, âgée de seulement 21 ans, au grand désespoir de son mari Ludovic Sforza, au demeurant peu fidèle. Oeuvre de Giovanni de Predis (1455-1508) à la Pinacoteca Ambrosiana de Milan.

L’histoire de la Belle Ferronnière a inspirée plusieurs artistes.


Albert Blanquet (1826-1875) a composé un roman sur l’intrigue de François 1er avec la Belle Ferronnière.

Romance- Musique Marquerie Auguste (1815-1864) – Parolier Drapper Victor (1820-1858)

La Belle Féronnière : quadrille pour piano, compositeur Bosisio

Sources.

Histoires des françaises Alain Decaux – Librairie Académique Perrin

Revue des deux Mondes

Gallica

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1 réflexion sur « La mystérieuse Belle Ferronnière »

  1. Et voilà, quand on met trop les doigts dans le pot de confiture, le pot croque les phalanges!!!
    Je souris…
    Le problème dans la consommation trop excessive, c’est qu’on ne sait jamais où on s’aventure vraiment mais quand on est gourmand… Je souris encore!
    Sacré François! Il n’était pas le seul à avoir tant crapahuté sur son destrier fougueux 🙂
    Entre légende et réalité, ce personnage qualifié de frivole était un grand souverain aux goûts très sûrs en matière d’art et de culture alors qu’il repose en paix, entouré de nymphes délicieusement fessues et pourvues d’attributs mammaires auxquels il ne peut qu’éternellement succomber… !!!
    Passionnante histoire que celle de cette belle Ferronnière
    Gros bisous Gérard
    Cendrine

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