Conseils à une parisienne de Alfred de Musset

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Dans le roman « La fausse maitresse » (1942) Balzac fait dire à Thadée :
« Les parisiennes sont inexplicables. Quand elles sont aimées à la folie, elles veulent être aimées raisonnablement, et quand on les aiment raisonnablement, elles vous reprochent de ne pas savoir aimer ».

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Plus qu’une indication géographique, être Parisienne est un concept. Figure immanquable des grandes rues de la capitale qu’elle arpente nonchalamment, la Parisienne participe au charme de Paris au même titre que la tour Eiffel, la Seine, Montmartre.

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Femme élégante et sûre d’elle, caractérisée par son élégance et son raffinement, elle aime boire du vin rouge et fumer des cigarettes. La Parisienne a du chien, c’est une canaille qui a de l’esprit et qui ne manque pas d’en abuser. 

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La Parisienne réunit en son sein les contraires, sans les compromettre : elle est à la fois respectable et légère, sophistiquée et grande gueule, intellectuelle et séductrice.

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Alfred de Musset par Charles Landelle.
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Les poésies d’Alfred de Musset, tout à la fois lyriques et badines, audacieuses et tendres, charment par leur esprit. Tantôt odes à une muse, tantôt longues histoires rappelant les pièces du théâtre dans un fauteuil du dramaturge, elles reflètent la diversité de l’oeuvre de l’artiste.

Conseils à une Parisienne et autres poèmes choisis réunit sous forme de recueil les plus beaux textes de l’un des grands auteurs romantiques.

Tombe de Alfred de Musset au Père-Lachaise.
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Alfred de Musset est né à Paris en 1810 et mort en 1857. Enfant prodige, poète et dramaturge à la vie tumultueuse, amant de George Sand, et admiré par les plus grands, de Sainte-Beuve à Victor Hugo, il est considéré comme l’un des plus grands écrivains romantiques français.

 

Conseils à une parisienne dit par Jean-Marc Tennberg  acteur et poéte (1924-1971).


Oui, si j’étais femme, aimable et jolie,
Je voudrais, Julie,
Faire comme vous ;
Sans peur ni pitié, sans choix ni mystère,
A toute la terre
Faire les yeux doux.


Je voudrais n’avoir de soucis au monde
Que ma taille ronde,
Mes chiffons chéris,
Et de pied en cap être la poupée
La mieux équipée
De Rome à Paris.

Je voudrais garder pour toute science
Cette insouciance
Qui vous va si bien ;
Joindre, comme vous, à l’étourderie
Cette rêverie
Qui ne pense à rien.

Je voudrais pour moi qu’il fût toujours fête,
Et tourner la tête,
Aux plus orgueilleux ;
Être en même temps de glace et de flamme,
La haine dans l’âme,
L’amour dans les yeux.

Je détesterais, avant toute chose,
Ces vieux teints de rose
Qui font peur à voir.
Je rayonnerais, sous ma tresse brune,
Comme un clair de lune
En capuchon noir.

Car c’est si charmant et c’est si commode,
Ce masque à la mode,
Cet air de langueur !
Ah ! que la pâleur est d’un bel usage !
Jamais le visage
N’est trop loin du coeur.

Je voudrais encore avoir vos caprices,
Vos sourires novices,
Vos regards savants.
Je voudrais enfin, tant mon coeur vous aime,
Être en tout vous-même…
Pour deux ou trois ans.

Il est un seul point, je vous le confesse,
Où votre sagesse
Me semble en défaut.
Vous n’osez pas être assez inhumaine.
Votre orgueil vous gêne ;
Pourtant il en faut.

Je ne voudrais pas, à la contredanse,
Sans quelque prudence
Livrer mon bras nu ;
Puis, au cotillon, laisser ma main blanche
Traîner sur la manche
Du premier venu.

Si mon fin corset, si souple et si juste,
D’un bras trop robuste
Se sentait serré,
J’aurais, je l’avoue, une peur mortelle
Qu’un bout de dentelle
N’en fût déchiré.

Chacun, en valsant, vient sur votre épaule
Réciter son rôle
D’amoureux transi ;
Ma beauté, du moins, sinon ma pensée,
Serait offensée
D’être aimée ainsi.

Je ne voudrais pas, si j’étais Julie,
N’être que jolie
Avec ma beauté.
Jusqu’au bout des doigts je serais duchesse.
Comme ma richesse,
J’aurais ma fierté.

Voyez-vous, ma chère, au siècle où nous sommes,
La plupart des hommes
Sont très inconstants.
Sur deux amoureux pleins d’un zèle extrême,
La moitié vous aime
Pour passer le temps.

Quand on est coquette, il faut être sage.
L’oiseau de passage
Qui vole à plein coeur
Ne dort pas en l’air comme une hirondelle,
Et peut, d’un coup d’aile,
Briser une fleur.

 

Octobre-Novembre-Décembre-01

 

Sources.
https://www.actualitte.com/article/patrimoine-education/la-parisienne-a-travers-les-siecles-et-la-litterature/62537

4 réflexions au sujet de « Conseils à une parisienne de Alfred de Musset »

  1. Comme j’aime cette évocation des Parisiennes, si bien écrite et rythmée par de ravissantes illustrations! Elles sont vraiment charmantes ces Parisiennes… Un vrai bonheur de lecture et un plaisir pour les yeux. Je sais que je te l’ai déjà dit mais venir sur ton blog est une promenade où rayonne la joie de l’esprit. Bravo et grosses bises pour te souhaiter une belle journée
    Cendrine

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