La légende de la Calcagnetta

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Après un séjour sur l’île de beauté, je ne peux résister au plaisir de relater l’une des nombreuses légendes qui font partie intégrante de la culture Corse. 

C’est un curé, Dominique Carlotti  dit Martinu Appinzapalu, qui regroupa dans un de ces ouvrages, les contes et légendes transmises grâce à tradition orale.

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Poète lexicographe et grammairien de langue Corse, dominique Carlotti naît à Pietroso en 1877, il y  décédé en 1948.  Il est l’auteur de nombreux textes dans A Muvra, il a également participé à l’almanach di Grossu Minutu d’Alisgiani.

 

La légende de la Calcagnetta.

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Ayant raconté les faits à ses proches, la nouvelle se propagea dans les hameaux de la vallée montagneuse du Murianincu et, le lendemain à l’aube, les hommes de Reghjetu, Cioti, Serra, Serrale, Tribbiolu, Piazze, Coccula se précipitèrent vers l’endroit indiqué par le berger.

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Mais les barques avaient disparu. Ces hommes aux cheveux blonds et aux yeux gris étaient des géants. Ils cherchèrent longtemps et trouvèrent enfin, près de l’embouchure du Bucatoghju, éparpillées le long de la rivière, les grosses fourmis. Ils s’aperçurent qu’elles avaient un visage humain et qu’elles étaient gardées par trois hommes noirs armés jusqu’aux dents, à qui les hommes du Murianincu offrirent du fromage et du lait. Un pacte fut conclu entre les deux groupes. Les jeunes pouvaient épouser les naines sauf la plus belle « Bellafiora » qui était leur reine.

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Et ainsi furent célébrés ces mariages et ce ne furent que chants, bals et musiques jusqu’au jour où un homme de Coccula éperdument amoureux de « Bellafiora », l’enleva en la ligotant sur un cheval. Arrivé en un lieu appelé « Malanotte » (nuit maudite) et avant de franchir la rivière, le cheval trébucha et se noya dans un trou d’eau en même temps que « Bellafiora » qui eut le temps de crier avant de sombrer : « qu’ils soient maudits ! »

Aussitôt, un brouillard épais couvrit les pentes de la pieve de Moriani et quand le jour se leva, la malédiction commença.

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Le jeune homme entreprenant et son père expirèrent, pris d’un mal foudroyant qui les atteignit au talon. Le même mal toucha tous les hommes et les hommes seuls, terrassés par cette maladie qui parce qu’elle naissait dans le talon fut appelée « A Calcagnetta ».

On vit alors des maisons vides, des êtres à l’abandon, des cadavres dévorés par les corbeaux. Les malades péniblement se traînèrent jusqu’à la pointe qui domine la vallée où se trouve aujourd’hui la chapelle de San Mamilianu, et sur la place où était creusée une fosse commune « l’arca », ils attendaient la mort.

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Quand d’autres malades arrivaient, ils poussaient les moribonds et prenaient leur place. Et ainsi de suite…

Ainsi disparurent tous les hommes du Murianincu.

 

Sources.

http://castagniccia-maremonti.com

 

Une réflexion au sujet de « La légende de la Calcagnetta »

  1. Mon commentaire a été aspiré par l’ogre du net!!!
    Je te disais combien j’appréciais cette légende et que tu avais eu raison de la publier.
    Mes amitiés à la conteuse qui officie près de l’âtre, en cette terre d’intensité magique, avec de gros gros bisous!
    Cendrine

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