La servante au grand coeur de Baudelaire

Charles Baudelaire a vu le jour à Paris le 9 avril 1821, au 13 de la rue Hautefeuille à Saint-Germain-des-Prés. Son père, Joseph-François est né en 1759 à Neuville-au-pont. Veuf depuis 1814, il épouse le 9 septembre 1819 Caroline Dufaÿs une orpheline plus jeune que lui de trente-quatre années.

Toutes les photos ont été prises en mars 2016 au Père-lachaise.

Le poète a souvent conté à ses amis les promenades que, vers l’âge de cinq ans, il faisait au Luxembourg en compagnie de vieux papa.

Le père meurt le 10 février 1827. Charles alors âgé de 6 ans se retrouve seul entre deux femmes très différentes, sa mère et Mariette la bonne.

« La Servante au grand coeur » n’est pas le texte le plus connu des Fleurs du Mal, mais c’est un des plus émouvants.

Dans ce poème, Charles se se souvient de la servante de son enfance, de la femme qui lui a donné l’affection que sa mère, personne stricte et digne, lui refusait.

Dans cet hommage, Baudelaire oppose l’image de cette femme simple et aimante à celle de sa mère, présentée comme une rivale.




CHARLES BAUDELAIRE (1821 – 1867).

La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse

La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l’entour de leurs marbres,
Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s’égoutter les neiges de l’hiver
Et le siècle couler, sans qu’amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.

Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir,
Calme, dans le fauteuil, je la voyais s’asseoir,
Si, par une nuit bleue et froide de décembre,
Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre,
Grave, et venant du fond de son lit éternel
Couver l’enfant grandi de son oeil maternel,
Que pourrais-je répondre à cette âme pieuse,
Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse ?

Sources.

www.Géo.fr – www.biblisem.net –

La servante au grand coeur : Rosella Marcantoni – Marco Sollini – Léo Ferré

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