Le Spleen de Paris, Charles Baudelaire, Épilogue

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Le Spleen de Paris, aussi intitulé Les Petits Poèmes en prose, a été publié en 1869, quelques mois après sa mort, par Asselineau et Banville dans le cadre d’une édition «définitive» des oeuvres poétiques de Baudelaire.

Quelques-unes des pièces avaient été rédigées dans les années 1850, mais la plupart l’ont été entre 1860 et 1865, c’est-à-dire à une époque où Baudelaire n’écrivait presque plus de vers. En 1865, Baudelaire rédigea un projet de recueil dans lequel l’ordre et le choix des cinquante poèmes du recueil ont été fixés.

Baudelaire par Étienne Carjat (1828-1906), 1865.
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L’ÉPILOGUE, lui, était destiné à clore une nouvelle publication des FLEURS DU MAL et sa présence dans Le SPLEEN DE PARIS n’est donc due qu’à l’initiative d’Asselineau et Banville,  les fidéles amis du poète.

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Charles Baudelaire, « Le cœur content, je suis monté sur la montagne », publié comme Épilogue au Spleen de Paris, 1869 (posthume).

Le cœur content, je suis monté sur la montagne
D’où l’on peut contempler la ville en son ampleur,
Hôpital, lupanars, purgatoire, enfer, bagne,

Où toute énormité fleurit comme une fleur.
Tu sais bien, ô Satan, patron de ma détresse,
Que je n’allais pas là pour répandre un vain pleur ;

Mais comme un vieux paillard d’une vieille maîtresse,
Je voulais m’enivrer de l’énorme catin
Dont le charme infernal me rajeunit sans cesse.

Que tu dormes encor dans les draps du matin,
Lourde, obscure, enrhumée, ou que tu te pavanes
Dans les voiles du soir passementés d’or fin,

Je t’aime, ô capitale infâme ! Courtisanes
Et bandits, tels souvent vous offrez des plaisirs
Que ne comprennent pas les vulgaires profanes.

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