Marie Dubas le modèle d’Edith Piaf

« Je dois à Marie Dubas mon premier choc artistique. Un soir Raymond Asso, deux ans après mes débuts chez Leplée, m’emmena à l’ A.B.C où Marie Dubas chantait … Je ne pense pas que les mots puissent traduire ici ce que j’ai ressenti. Une telle émotion s’empara de moi ! Mes yeux ne pouvaient se détacher du visage à la fois tendre, émouvant et bouleversant de Marie. Cette femme avait le pouvoir, dans une soirée, de vous faire pleurer, de vous faire rire … Asso, sentant tout ce qui se passait en moi, me prit la main et me demanda : <as-tu compris maintenant ce que c’est qu’une grande artiste ? >       Edith Piaf le 2 janvier 1947.

 

En découvrant cet article vous entendez  « C’est toujours ça de pris », une chanson fantaisiste qui permet de découvrir une facette du talent de cette immense artiste, capable aussi bien  de faire rire que d’ émouvoir.

 

Marie Dubas est née le 3 septembre 1894 à Paris 15éme. Ses parents originaire de Pologne s’installent à Paris en 1886.

Marie et ses trois frères parlent yiddish à la maison et apprennent le français à l’école.  Après une courte scolarité, Marie devient apprentie couturière. Mais sa famille lui a aussi donné le goût de la comédie et de la musique.

Elle suit des cours d’art dramatique au théâtre de Grenelle et se présente au Conservatoire où elle est admise, mais ne peut rester faute de moyens financiers suffisants.

Au début de sa carrière Marie Dubas se consacre  au théâtre  elle  joue dans les mélodrames populaires,  puis elle se lance dans l’opérette.

Elle joue dans <L’amour Masqué> de Sacha Guitry au théatre Edouard VII le 12 février 1923, dans <La danse des libellules> de Franz Lehar au Bataclan en 1924, dans <La petite dame du train bleu> de Georges Van Parys avec Marcel Simon ………

 

 

Elle décide de passer au music-hall et elle donne son tour de chant en 1927 à  l’Olympia ou elle remporte un immense succès. Elle enchaîne les spectacles dans les plus grandes salles parisiennes: Casino de Paris, Concert Mayol, Théâtre de l’Empire, Folies Wagram, Bobino,  l’alhambra   ……..

Le 2 octobre 1931, elle créé sur la scène de l’Empire, un de ses plus gros succès : Le Doux Caboulot de Francis Carco.

Elle triomphe en 1936 avec « Mon légionnaire » qu’ Edith Piaf avait refusé, avant de l’inscrire très vite à son répertoire.

 

 

Jusqu’à la promulgation des lois antisémites par Vichy le 3 octobre 1940 Marie Dubas ne cesse de se produire à Paris en en tournée, mais fille d’un juif polonais,  elle doit s’exiler à Lausanne où elle restera jusqu’à la fin de la guerre.

En janvier 1945, Marie Dubas rentre à Paris. Dès le 19 janvier, elle fait sa rentrée à l’A.B.C. Le succès est au rendez vous, elle continue de se produire jusqu’en 1958,  année ou elle doit se retirer vaincue par la maladie.

Elle mourra à Paris le 12 Février 1972.

Elle est inhumée au cimetière du  Père Lachaise.

 

 

C’est toujours çà de pris !

Marie Dubas  1935 – Paroles: Max-Blot – Musique: Maurice Yvain

-1-

Quand on vient au monde
Il ne faut pas vouloir la lune
Ni penser de trouver
Le bonheur rêvé
Vous aimez les blondes
L’occasion vous fait prendre une brune
Dites-vous, c’est très bien
Que c’est le destin
Aujourd’hui l’important
C’est d’prendre du bon temps.

Refrain
C’est toujours ça d’pris
Comme disait ma grand-mère
Moi ça me suffit
Y’a pas d’petits profits
Grâce à la loterie
On croit être millionnaire
On gagne deux cents francs
Comment qu’c’est qu’on les prend ?
Quand pour une thune aux Uniprix
Vous achetez un beau diamant à votr’ chéri
Elle s’écrie:
C’est toujours ça d’pris
Comme disait ma grand-mère
C’est d’la quincaillerie
Mais c’est toujours ça d’pris.

– 2 –
Lorsqu’ au cinéma
Au théâtre ou bien dans la rue
Un beau gars m’dit tout bas
On se reverra
À son rendez-vous
Les yeux baissés j’arrive émue
Débordante de désir
Et puis de plaisir
J’tends ma bouche de carmin
Il me baise la main.

Refrain
C’est toujours ça d’pris
Comme disait ma grand-mère
Moi ça me suffit
Y’a pas d’petits profits
J’rengaine mes ardeurs
Et j’pense tout bas: Ma chère
Pour qu’il s’arrête là,
Sûrement qu’y m’connaît pas
D’vant un porto, j’espère chez lui
En fait d’souper qu’il n’aura pas que des biscuits
J’engloutis
C’est toujours ça d’pris
Comme disait ma grand-mère
J’pousse pas de p’tits cris
Mais c’est toujours ça d’pris.

– 3 –
À présent que j’ai fini
D’chanter ma chansonnette
Si cet air peut vous plaire
J’en serais très fière
Mais écoutez-moi
Et ne soyez pas assez bête
Pour laisser fuir ailleurs
Le moindre bonheur
S’il ne dure qu’un moment
Dites-vous gaiement:

Refrain 3
C’est toujours ça d’pris
Comme disait ma grand-mère
Moi ça me suffit
Y’a pas d’petits profits
Car je le prétends
Pour être heureux sur terre
Il faut dans la vie
De la philosophie
Quand chaque soir j’arrive ici
Pour un moment
Je ne pense plus à mes soucis
Je me dis:
C’est toujours ça d’pris
Comme disait ma grand-mère
C’n’est qu’une heure d’oubli
Mais c’est toujours ça d’pris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 réflexions sur « Marie Dubas le modèle d’Edith Piaf »

  1. Je ne connaissais pas cette dame, une bien jolie femme aux traits lumineux qui décoche des regards malicieux! Ses photos sont très jolies, elle irradie de vie, de sensualité et de fantaisie. Votre texte nous emporte dans un monde artistique inégalé. Merci beaucoup pour ce voyage culturel et musical, un vrai bonheur pour les oreilles et pour l’esprit! Cendrine

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