Le poète Sully Prudhomme, 1er lauréat du Prix Nobel de Littérature

Le poète René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme, premier écrivain à recevoir le Prix Nobel de littérature le 10 décembre 1901.

Il consacre l’essentiel de la somme reçue à cette occasion à fonder un prix de poésie décerné par la Société des gens de lettres.

Il crée également en 1902 la Société des poètes français avec José-Maria de Héredia.

 

Fils d’un commerçant, René Armand naît à Paris  le 16 mars 1839 au 34 de la rue du Faubourg Poissonnière dans le 9éme arrondissement de Paris.

 

Le futur poète, qui souhaite devenir ingénieur, fait ses études au lycée Bonaparte,  mais une crise d’ophtalmie le contraint à les interrompre.

Après avoir travaillé au Creusot dans les usines Schneider, il se tourne vers le droit  et travaille chez un notaire.

Sa fortune personnelle lui permettant de choisir en toute liberté l’occupation qui l’attire le plus, c’est à la poésie qu’il s’adonne dès 1865.

L’accueil favorable réservé à ses premiers poèmes au sein de la Conférence La Bruyère, société étudiante dont il est membre, encourage ses débuts littéraires.

Son  premier recueil, Stances et Poèmes  (1865), renferme son poème le plus célèbre,    Le Vase brisé, élégante métaphore du cœur brisé par un chagrin d’amour :

Le vase où meurt cette verveine
D’un coup d’éventail fut fêlé ;
Le coup dut l’effleurer à peine,
Aucun bruit ne l’a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D’une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s’est épuisé ;
Personne encore ne s’en doute,
N’y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu’on aime
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde :
Il est brisé, n’y touchez pas.

Au fil de sa carrière, Sully Prudhomme se détourne progressivement du genre sentimental de ce premier recueil – qu’on retrouvera encore dans Les Épreuves (1866)  et Les Solitudes (1869).

Il  adopte un style plus personnel alliant une recherche formelle qui le rattache au Parnasse avec un intérêt pour les sujets scientifiques et philosophiques.

Son ambition philosophique s’exprime dans des poèmes comme La Justice (1878) et Le Bonheur (1888).

Il est élu membre de l’ Académie Française en 1881.

Son éditeur, Alphonse Lemerre, commande au peintre Paul Chabas (1869-1937), une vaste composition peinte représentant tous les poètes du Parnasse.

Aux côtés de Paul Bourget (cercle), on remarque François Coppée, Leconte de Lisle, Marcel Prévost, Auguste Dorchain, Léon Dierx, Henri Cazalis, Alphonse Daudet, Sully-Prudhomme, Jules Breton, Paul Arène, André Thieuret, Jules Claretie, José-Maria de Heredia, Paul Hervieu, Henry Roujon, Georges Lafenestre, Alphonse Lemerre.

La toile a pour cadre le jardin de la propriété que l’éditeur Lemerre a achetée au père de Camille Corot en 1875.

 

Après Le Bonheur, Sully Prudhomme délaisse la poésie pour s’intéresser exclusivement à l’esthétique  et à la philosophie.

Il publie deux essais d’esthétique : L’Expression dans les beaux-arts (1884) et Réflexions sur l’art des vers (1892), une suite d’articles sur Blaise Pascal dans La Revue des Deux Mondes (1890).

Sa santé avait été durablement ébranlée par la guerre de 1870. Sur la fin de sa vie, elle le contraignait à vivre quasiment reclus à Châtenay-Malabry dans les(Hauts-de-Seine).

Mort subitement le 6 septembre 1907, Sully Prudhomme est inhumé au Père-Lachaise 44ème division (1ere ligne, N, 13).

 


 

1 réflexion sur « Le poète Sully Prudhomme, 1er lauréat du Prix Nobel de Littérature »

  1. Bonsoir Gérard,

    Je venais d’allumer l’ordinateur quand j’ai trouvé votre très gentil commentaire. Je me suis empressée de lire votre remarquable article.
    Vous rendez un brillant hommage à ce grand monsieur de la littérature. J’ai beaucoup aimé rêver avec ce merveilleux poème et voyager dans la vie de cet artiste.
    Votre travail de recherche est comme à l’accoutumée fort riche et intéressant.

    Vous retrouverez bientôt votre « hebdomadaire ». Je suis au ralenti car je souffre, depuis une dizaine de jours, d’un oedème dans la tête. Il s’étend de l’intérieur de ma joue droite à l’arrière de mon crâne et il ne peut pas être ponctionné. Je vais devoir l’éliminer à la force de mon système immunitaire et cela prendra du temps. La douleur est cuisante, la fièvre intense la plupart du temps. Je ne peux pas m’allonger facilement car il y a trop de pression sur ma boîte crânienne.

    Cela n’a pas altéré mon moral. J’ai « l’habitude » de souffrir avec mes névralgies chroniques mais j’aimerais aller mieux bien sûr…

    Je lis et j’écris dès que je le peux et je vous remercie de votre amicale sollicitude.

    Avec mon amitié, je vous souhaite un excellent week-end.

    Cendrine

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