Le théâtre Antique de la Nature – Albert Darmont à Champigny sur Marne

Le dimanche 23 juillet 1905,  4000 personnes -dont ministres et intelligentsia de l’époque-  sont réunies dans la commune de Champigny en région parisienne,  pour l’inauguration du théâtre Antique de la Nature.

Situé à 12 km à l’est de Paris cette ville compte alors environ  8500 habitants appelés campinoises et campinois.

Après un séjour en Amérique, le comédien et dramaturge  Alphonse Petit (1863-1913), plus connu sous le nom dAlbert Darmont, part en tournée à Nîmes.

Il y découvre le théâtre en plein air et rêve de fonder une troupe mettant en scène un théâtre renouvelé, inspiré des Grecs et des Romains.

<Je veux que mon théâtre soit accessible à tous, je veux que les classes laborieuses puisse trouver à une somme minimum et à Champigny, en même temps qu’un repos, un enseignement, une joie élevée et sans égale, car la vérité a été dite que l’art antique, c’est l’art humain, c’est l’art social par excellence>.  Albert Darmont

 

Albert Darmont au pied du perron de sa résidence à Champigny.


Encouragé par Sarah Bernhardt et rejoint par Juliette de Wils, poétesse, il trouve un terrain situé entre les rues Jacques-Richard et Ferdinand-Buisson, dans lequel il aménage une scène de 40 mètres sur 17 constituée de trois niveaux.

Sarah Bernhardt (1844-1923), égérie de Albert Darmont,  était surnommée « la divine Sarah » et « La voix d’or ».

 

Le magazine L’Illustration, publié de 1843 à 1944, relate l’inauguration dans le numéro 3257 du samedi 29 juillet 1905.

LE THÉÂTRE EN PLEIN AIR.–Représentation de Sémiramis (scène du 1er acte) au théâtre de la Nature, à Champigny-sur-Marne, le 23 juillet.

<Albert Darmont a organisé, aux portes de Paris, à Champigny-sur-Marne, un théâtre «de la Nature», qui a été inauguré dimanche, avec le plus grand succès, par une tragédie de M. Peladan: Sémiramis, interprétée par Mme Segond-Weber, MM. P. Mounet, A. Lambert, Darmont, etc.>.    

L’illustration  le 29 juillet 1905.

 

 

Les décors somptueux et grandioses « certains sont hauts de 20 mètres » investissent la scène, entourée d’un cirque de sapins, de sycomores, de chênes et d’acacias. Pendant les entractes, le parc agrémenté d’un bassin qui sert de lieu de promenade.

 

Le théâtre en plein air connut un grand succès et  beaucoup d ‘acteurs de la Comédie-Française y jouèrent.

Jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale, diverses représentations se succédèrent attirant des spectateurs parisiens ou des banlieues proches.

Mais  le Théâtre antique de la nature ne survit pas à la mort d’Albert Darmont en 1913 et à la guerre qui le fait disparaître.

 Dans les années 20, la ville rachète la propriété et y crée le lotissement du <Parc de la Montagne>. Des rues sont ouvertes et font disparaître les derniers vestiges du Thêatre Antique de la Nature.

 
Seul subsiste aujourd’hui la maison d’Albert Darmont, à Champigny, dans laquelle Sarah Bernhard habita. 

 

L’effigie d’Albert Darmont  située sur le mur cernant la maison romantique que le comédien offrit à son épouse, Blanche Augustine Flipo.

 

La très belle porte d’entrée de la résidence.

 

Les propriétaires actuels, ouvrent  leurs portes à l’occasion du « Festival des petites Formes » organisé par la ville  :  <C’est l’occasion de partager l’histoire de notre maison pour que son âme perdure>.

Ce festival qui se déroule en début d’année, propose des spectacles de format court, dans des lieux insolites, chez un commerçant, chez l’habitant, un gymnase ou un supermarché.

 

 

Soutien indéfectible du projet, Juliette de Wills (1858-1932),  a écrit de nombreux poèmes – Autour d’un donjon, les Lions, le Trésor, Trois poèmes, Fleurs de France, Poèmes comiques – ainsi que des pièces de théâtre dont les Héroïques, Supplice de roi, les Orfèvres de Charles IX.

Certaines ont été représentées au Théâtre antique de la nature.

À sa mort, Juliette de Wils lègue à la ville de Champigny  sa maison afin d’y installer une crèche, plusieurs meubles et tableaux et des bijoux.

Parmi les plus beaux, on peut voir une bague en or sertie d’une émeraude, des broches en or ornées de diamants, un tour de cou comportant trois améthystes et quatre-vingt-huit émeraudes.

 

Casque, jupette et cothurnes* : Albert Darmont, en <Jason> bien convainquant !

*Dans l’antiquité, brodequin qui couvrait la moitié de la jambe et se laçait par-devant.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17 réflexions sur « Le théâtre Antique de la Nature – Albert Darmont à Champigny sur Marne »

  1. Très intéressant… j’ai aussi beaucoup aimé l’article sur Hemingway dont je me suis permis de prendre une photo pour illustrer un prochain article… beau blog!