« La tour Eiffel » par Marguerite Deval

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Symbole de Paris et de la France, la tour Eiffel  a fait l’objet de nombreuses représentations artistiques sous divers supports : peinture, photographie, films, séries, téléfilms, documentaires, écrits littéraires, etc.

La chanson n’est pas en reste : plusieurs dizaines de titres sont consacrés au célèbre monument !

 

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Marguerite Deval  est une comédienne et chanteuse d’opérette née le 19 septembre 1866 à Strasbourg décédée le 18 décembre 1955 à Paris.

Elle est la fondatrice en 1898 du théâtre des Mathurins  qu’elle dirige jusqu’en 1905.

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Dans ses mémoires * le célèbre Paulus rend hommage à Marguerite Deval : « Un diable en jupon ! une Strasbourgeoise ultra-parisienne ; a fait les délices  de toutes les scènes où elle a joué ; elle excelle à lancer le couplet grivois « .

La chanson que nous écoutons en est une parfaite illustration !

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  • La tour Eiffel , paroles de Richard O’Monroy musique de Désiré Dihau,  par Marguerite Deval (1900).

Le lendemain de mon mariage
Daniel fit la proposition
D’aller faire un petit voyage
A Paris pour mon instruction
Au Champ de Mars nous arrivâmes
En passant sur le pont d’Iéna
Il me dit : « Regarde, ma femme
Un monument qui t’étonn’ra »
C’était une tour magnifique
En fer se dressant vers le ciel
Et je m’écriai : « C’est magique !
Ah, Daniel mon cher Daniel, ah Daniel mon cher Daniel
Que c’est donc beau, que c’est donc beau la Tour Eiffel ! »

Il me semblait voir un colosse
Aux membres de fer et d’airain
D’un accès d’amour féroce
Se dressant d’un bond surhumain
L’était si grande et si belle
La tour avec son ascenseur
Quelle masse, quel fier modèle
Et je sentais battre mon coeur
Comme dans un rêve extatique
J’eus un plaisir surnaturel
Et dis tout bas d’un air pudique :
« Ah, Daniel mon cher Daniel, ah Daniel mon cher Daniel
Que c’est donc beau, que c’est donc beau la Tour Eiffel ! »

Mon mari, surpris de ma joie
Me dit : « Ce n’est pas sans talent
Mais chérie, il faut que tu voies
Un autre plus beau monument
Détourne tes yeux de ce dôme
Et puis tous les deux nous irons
Contempler la place Vendôme
Et la tour faite de canons »
En fiacre et quelques tours de roue
Je vis un culot solennel
Et je dis en faisant la moue :
« Oh, Daniel mon cher Daniel, oh Daniel mon cher Daniel
Ça ne vaut pas, ça ne vaut pas la Tour Eiffel ! »

Et voilà mon Daniel qui bisque
Qui m’répond : « Ben c’est très bien
Allons alors voir l’obélisque
C’est un monument égyptien »
Il me montre, miséricorde
Un monolithe, un petit nain
Sur la place de la Concorde
Se dressant chétif et mesquin
Je crus que c’était une niche
Et je lui dis d’un ton cruel :
« Ça me rappelle Little Tich *!
Oh, Daniel mon cher Daniel, oh Daniel mon cher Daniel
Ça ne vaut pas, ça ne vaut pas la Tour Eiffel !
Ben non alors »

Enfin, fatigués, nous rentrâmes
A notre hôtel Continental
Daniel voulait tout feu tout flamme
User de son droit conjugal
Il avait soufflé la bougie
Et me disait, très allumé :
« Je sens ce soir, oh ma chérie
Que je n’t’ai jamais tant aimée ! »
Pour moi, je n’voulais plus rien croire
Rien qui soit surnaturel
Pourtant je dis dans la nuit noire :
« Ah, Daniel mon cher Daniel… oh mais Daniel mon cher Daniel…
Et ben non, non, non
Ça ne vaut pas, ça ne vaut pas la Tour Eiffel ! »

 

* Little Tich, nom de scène de Harry Relph,  un comédien comique de music-hall anglais, né le 21 juillet  1867, mort le 10 février 1928.

LittleTich1893

 

* PAULUS  « Trente ans de café-concert » http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio/paulus/memoires/paulus_trente_ans_de_cafe_concert.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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