Les pierreuses, à Paris, au XIX ème siècle

Amelie-Helie

A Paris au XIX éme siècle,  on appelle « pierreuse » une prostituée de bas étage exerçant sont métier dans les carrières et les terrains vagues de la périphérie parisienne.

La photo représente la plus célèbre des pierreuses Amélie Elie plus connue, grâce au cinéma, sous le nom de Casque d’Or. C’est en 1952 que Jacques Becker réalise son chef d’oeuvre,  avec dans les rôles principaux, Simone Signoret et Serge Reggiani.

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Durant les périodes de construction et de démolition des fortifications « les fortifs », les pierreuses ont trouvé une clientèle abondante d’ouvriers travaillant la pierre. Elles vont dans les chantiers, dans les maisons en construction, au milieu des pierres déposées sur la berge du canal ou de la Seine.

 

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La chanson qui nous accompagne pendant la lecture de cet article, « Pauvre pierreuse », est interprétée par Michèle Bernard.

Ce titre fait parti de l’incontournable Anthologie de la chanson française – de la rue au cabaret –  octobre 2005  Believe/ Epm – 14 CD –

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« Michèle Bernard est une artiste d’exception. Ses textes sont de petites merveilles de générosités, d’humanité et d’humour ; ses mélodies métissées vont puiser aux plus belles sources d’inspiration… » Valérie Lehoux. 

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Les pierreuse ont inspiré de nombreux artistes notamment Picasso et Toulouse-lautrec.

Le tableau de Picasso « Pierreuse, la main sur l’épaule »  date de 1901. Picasso vient d’arriver à Paris pour son deuxième séjour.

Picasso Pierreuse, la main sur l'épaule. 1901

Cette oeuvre, dans laquelle l’on retrouve l’influence de  Toulouse-lautrec,  représente une pierreuse, femme pitoyable et fascinante qui nous dévisage sous la lumière crue des bistrots de Paris.

 

En 1896, Toulouse-Lautrec réalise ce croquis pour son amie, la chanteuse réaliste, Eugénie Buffet. *

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Pauvre Pierreuse, titre de chanson du répertoire Eugénie Buffet, 1893,

Lorsqu’elle a 20 ans, Eugénie quitte l’Algérie. Après être passée par Marseille, elle arrive à Paris où elle prend pour chanter et se faire connaître, la dégaine et la toilette des « pierreuses », nom que l’on donnait alors aux femmes qui racolaient dans les rues.

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Parole de La Pierreuse par Eugénie Buffet.

Y a des filles qu’on a dit heureuses
Et qu’occupent de belles positions
Moi j’suis tout simplement pierreuse
L’soir dans des fortifications
Afin d’boulotter l’existence
Quand vient la nuit j’travaille dans l’noir
Pendant qu’mon homme reste à distance
A m’surveiller sur le trottoir
Quand j’vois un passant qui s’promène
Afin d’lui causer sans témoin
Dans un des fossés je l’amène
Et puis j’appelle Alphonse de loin
HiiiiiiIl ne se l’fait pas dire deux fois
Et s’précipite sur le bourgeois
Tire li pi ti ton et donc et donc
En plein sur le piton
Il lui colle un gnon
Et lui pique son pognon
Ça s’fait si vite !Quand j’peux faire un p’tit brin d’toilette
Pour chercher des clients meilleurs
Je m’risque jusqu’à La Villette
Pas loin des boulevards extérieurs
Afin de n’pas être embêtée
Jusqu’à trois heures du matin
J’travaille dans une rue écartée
Pas loin du canal Saint-Martin
Aussitôt qu’la lune est à son cierge
J’accoste l’passant dans un coin
P’tit à p’tit j’l’attire sur la berge
Et puis j’appelle Alphonse de loin
Hiiiiii

Il ne se l’fait pas dire deux fois
Et s’précipite sur l’bourgeois
Tire li pi ti ton et donc et donc
On lui chipe son pognon
Un coup sur l’trognon
On l’balance dans l’bouillon
Ça s’fait très vite

Quoique je n’suis pas d’humeur coquette
Si j’porte le deuil, c’est qu’récemment
La Veuve place de la Roquette
M’a soufflé mon dernier amant
Oui, c’est l’autre jour à l’aurore
Qu’on m’a rogné mon gigolo
Il semble que je l’vois encore
Ah ! Cette fois c’est pas rigolo
J’l’aperçois là-bas sous la porte
Le curé lui parle sans témoin
Que s’passe-t-il ? Il faut qu’on l’porte
Un camarade l’appelle de loin
Hiiiiii

Il n’a pas l’temps de l’dire deux fois
On l’met sous la chose en bois
Tire li pi ti ton et donc et donc
En plein sur le cordon
La tête et le tronc
Tombent dans l’panier d’son
Ça s’fait vite !

 

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Une réflexion au sujet de « Les pierreuses, à Paris, au XIX ème siècle »

  1. Un terrible destin… Tu restitues à celles qui ont porté tant de souffrances une parole empreinte de dignité et de sensibilité. Je suis toujours émue par les thèmes que tu choisis. Merci Gérard. Je t’envoie de gros bisous. Belle semaine et souhaitons que monsieur Soleil brille généreusement! Cendrine

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